Athéisme : l'homme debout. Vivre sans Dieu et sans religion  >  Vos contributions    > De l'Europe et du Vatican...


De l'Europe et du Vatican...

Crucifix dans les écoles publiques italiennes


par Crab  -  09/11/2009




Les textes publiés dans Vos contributions (rouge foncé) ne représentent que l'opinion de leurs auteurs.




Novembre 2009

Mme Soile Lautsi est une ressortissante italienne, résidant à Abano Terme (Italie). Ses enfants, Dataico et Sami Albertin, âgés respectivement de onze et treize ans, fréquentèrent en 2001-2002 l'école publique "Istituto comprensivo statale Vittorino da Feltre", à Abano Terme. Toutes les salles de classe avaient un crucifix au mur, et notamment celles ou les enfants de Mme Lautsi suivaient leurs cours, ce qu'elle estimait contraire au principe de laïcité selon lequel elle souhaitait éduquer ses enfants.


Arrêt de chambre 1 : Lautsi c. Italie (requête n° 30814/06)
L'Italie a été condamnée par la Cour européenne des droits de l'homme pour la présence de crucifix dans les salles de classe des écoles publiques. Les juges européens la considèrent comme contraire au droit des parents d'éduquer leurs enfants selon leurs convictions ainsi qu'au droit des enfants à la liberté de religion. Cette décision provoque de vives protestations en Italie et au Vatican.



Discussion entre PPV et Changelejeu



Porte parole du Vatican : PPV
Changelejeu : CH



PPV : Cette Europe du troisième millénaire ne nous laisse que les citrouilles des fêtes récentes, et elle nous enlève nos symboles les plus chers.

CH : "Vos symboles les plus cher", dites-vous, pour vous peut-être, mais pourquoi vouloir les imposer à l'école à tous les enfants, l'école est le lieu d'enseignement des savoirs et non pas des croyances ?

PPV : Le crucifix participe à l'identité nationale comme "composante essentielle de notre civilisation".

CH : Ce n'est pas ce que montre l'histoire "très religieuse" de l'Italie; les croyants pour la plupart ont approuvé "le fascisme italien d'avant, pendant la guerre, le silence bruyant à l'exemple du Vatican sur le sort fait aux juifs", n'est-ce pas plutôt "la force des bûchers" pendant des siècles, puis la traque des dissidents ou athées ou personnes averties jusqu'à une histoire récente partout en Europe ?

PPV : Le crucifix a toujours été un signe d'offrande d'amour de Dieu et d'union et d'accueil pour toute l'humanité.

CH : Le crucifix, se sacrifier, devenir un martyr au nom d'une croyance, est une idée propre à tous les gourous qui veulent construire un parti religieux. Votre crucifié fascinera ses militants au point qu'à leur tour ils iront jusqu'à sacrifier leur vie au nom de la même absurdité, la croyance dans l'au-delà. Par la suite, siècles après siècles, au nom de ce que vous nommez votre dieu [catholique] d'ensanglanter le monde connu.

PPV : On regrette qu'il soit considéré comme un signe de division, d'exclusion, ou de limitation de la liberté. Ce n'est pas cela, et cela ne l'est pas dans la perception commune de notre peuple.

CH : Diviser c'est de votre fait, vous ne respecter ni les incroyants, ni même les agnostiques et comme tous les monothéistes vous considérez votre religion comme supérieure à celle des autres.
Les religions ont pour socle commun le patriarcat, d'où "une philosophie matérialisant la volonté de domination" avec pour différences entres elles d'être plus sectaires les unes que les autres. Elles sont toutes la racine de toutes les formes prises par le racisme.

PPV : Athées dites-vous, rien dans notre société qui symbolise l'Athéisme.

CH : Forcément, l'athéologie est une langue fondée sur la contestation des symboles religieux. L'athéisme critique décrypte, remet en question les croyances, et non pas exclusivement celle catholique, ni même exclusivement celles dites religieuses, donc ne propose, en aucun cas, de remplacer les symboles religieux par d'autres symboles. [RIRE]

PPV : Il est grave de vouloir mettre aux marges du monde éducatif un signe fondamental de l'importance des valeurs religieuses dans l'histoire et dans la culture italienne. La religion apporte une précieuse contribution pour la formation et la croissance morale des personnes, et elle est une composante essentielle de notre civilisation. C'est une erreur myope que de vouloir l'exclure de la réalité éducative.

CH : Je vous prends au mot. La contestation de ce que vous désignez "les valeurs religieuses" a tout autant droit de cité dans le "monde éducatif". Religion signifie "relier" et l'Athéisme c'est la religion de l'Étique. Vous n'avez pas du tout le monopole de la morale et, en tant qu'incroyant, j'ajoute "loin s'en faut". Je peux vous rétorquer que c'est une erreur aveugle de constater que "l'art du doute" n'est même pas abordé dans aucun des manuels scolaires.

PPV : On est ensuite stupéfait qu'une cour européenne intervienne lourdement dans une matière très profondément liée à l'identité historique, culturelle, spirituelle du peuple italien. Ce n'est pas le chemin pour être attiré à aimer et à partager davantage l'idée européenne, qu'en tant que catholiques italiens, nous avons fortement soutenue depuis l'origine. Il semble que l'on veuille méconnaître le rôle du christianisme dans la formation de l'identité européenne, qui, au contraire a été et demeure essentielle.

CH : Cela ne vous donne pas le droit pour autant de poursuivre l'endoctrinement des enfants: les enfants ne naissent pas croyants, ni en dieu ni dans aucune religion.
C'est l'intérêt primordial de l'école, ne pas violer le cerveau malléable des enfants. Cerveau prédestiné à croire tout ce qu'on leur dit, surtout si c'est un adulte un peu vieux qui leur "enseigne".
Les valeurs de l'humanisme et les droits de la personne, bien que ce ne soit pas encore le cas dans certains pays européens, ont été obtenus contre la moraline des religions.

PPV : Les évêques italiens expriment leur "perplexité", et déplorent une vision "partiale et idéologique".

CH : Je pense que vous savez que des enseignants en religion sont rémunérés par l'État Français en Alsace et en Lorraine.
J'aimerais savoir ce que diraient les évêques français ou italiens si les États de chacun de nos deux pays rémunérait dans les écoles des enseignants de l'histoire des modes de pensées de l'athéologie.

PPV : L'Italie et l'Europe ont une histoire et une culture qu'une sentence ne pourra pas effacer.

CH : C'est au nom de la laïcité au symbole lui-même que Mme Lautsi s'est attaqué, j'ajoute pour ma contribution, car s'il doit y avoir un enseignement religieux, dans ce cas il doit y avoir en contrepartie un enseignement de l'athéologie.
Alors que c'est toujours le cas dans la très grande majorité des pays musulmans, l'athéologie et la pratique du doute ne sont plus en Europe passibles d'emprisonnement ou de mort. Faut vous y faire.


Crab.



Notes:

J'ai placé dans la bouche de PPV, les propos (Sources : Radio Vatican) des responsables politiques ou religieux italiens.

Le juge européen dans son attendu, en donnant raison à Mme Lautsi établit clairement que ce n'est pas une fausse symétrie, contrairement à ce que prétend le Vatican, en déclarant que la liberté de croire ou de ne pas croire est affectée par la simple présence d'un crucifix parce qu'il est un symbole religieux, le juge considère que la protection de cette liberté implique nécessairement l'interdiction de tout symbole de cette nature dans les classes ou espaces communs de l'école publique.

Voir la page d'accueil sur l'Eglise catholique


Athéisme : l'homme debout. Vivre sans Dieu et sans religion   Vos contributions    Haut de page    Contactcontact   Copyright ©