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Le christianisme, bénédiction pour l’humanité
ou réelle calamité ?


par Jean-Pierre Chavaz  -  12/08/2007




Les textes publiés dans Vos contributions (rouge foncé) ne représentent que l'opinion de leurs auteurs.




Tout le monde ou presque s’accorde à penser que les dieux de l’Olympe, ceux du polythéisme de l’Egypte antique, de Sumer et de toutes les civilisations antérieures étaient le fruit de l’imagination humaine. On est donc conduit à s’interroger pourquoi à l’aube du XXIme siècle, les deux tiers de la population mondiale s’évertuent à croire que leur Dieu n’est pas une simple vue de l’esprit, un produit non périssable à l’instar de ses prédécesseurs qui malgré leur longévité ont été par la suite relégués dans la catégorie des "has been". On ignore qui précisément ont été les inventeurs des panthéons égyptiens et gréco-romains. Il est par contre de notoriété publique que c’est l’Eglise catholique naissante, qui au IVme siècle a procédé à l’assemblage des textes constitutifs du Nouveau Testament. Cet ouvrage avait et a toujours vocation de présenter l’histoire réputée véridique de Jésus-Christ, homme et fils de Dieu ainsi que Rédempteur du péché originel commis par nos lointains ancêtres, Adam et Eve. Cet homme dieu ayant vécu sur terre plus de trois cents ans avant la savante mise au point du document révélateur sans que lui-même, ni ses proches, ni ses contemporains aient écrit une seule ligne à son sujet, on peut légitimement douter de la pertinence des récits bibliques.

Les têtes pensantes de l’Eglise n’étaient pas de doux illuminés ne songeant qu’à venir en aide aux pauvres et aux déshérités en faisant rayonner le message de paix prôné par les Evangiles. Ayant été désignés par l’empereur Constantin 1er comme un des principaux soutiens de l’Etat, ils avaient la ferme intention de faire à l’avenir de l’Eglise la maîtresse incontestée de l’Occident tout entier. En faisant miroiter à tout un chacun la possibilité d’accéder après la mort à la félicité éternelle, l’Eglise gagna de plus en plus de fidèles parmi le peuple des villes et des campagnes. Aux souverains et aux nobles, elle offrit aussi l’accession posthume au paradis mais en leur faisant bien comprendre que les manquements aux injonctions de l’Eglise risquaient de les entraîner dans les flammes de l’enfer. D’autre part, l’Eglise fit en sorte de réprimer ou plutôt de faire réprimer par un bras séculier tous ceux qui émettraient le moindre doute sur sa légitimité. Elle créa et mit en place un clergé dense et fortement hiérarchisé de manière à ce que le pape et les prélats romains soient informés de tout évènement notoire susceptible de porter atteinte au prestige de la religion unique. C’est un voile de plomb qui s’abattit sur la recherche fondamentale et la philosophie. Des trésors de la pensée grecque accumulés pendant des siècles furent confisqués ou carrément détruits par le feu. Ironie de l’histoire, ce sont des savants musulmans qui plus tard traduisirent des chefs d’œuvres du grec en arabe puis de l’arabe en latin pour ainsi les remettre en circulation en Occident.

L’avènement de l’islam et la conquête arabe subséquente furent durement ressentis par l’Eglise. Le Proche-Orient, l’Afrique du Nord et une grande partie de l’Espagne échappaient ainsi à son contrôle. Le pape incita fermement la chevalerie européenne à partir en croisades pour libérer les Lieux saints tombés sous la domination des mahométans. Ce fut un carnage de part et d’autre. Chaque camp rivalisait de fourberie et de cruauté. Bien que les chrétiens se soient montrés dans ces domaines plutôt supérieurs à leurs adversaires, les croisades successives se terminèrent par un fiasco retentissant pour la chrétienté. Sur le chemin vers Jérusalem, les hordes papistes s’était fait la main en mettant à sac Constantinople, siège de l’église d’Orient qui venait de faire sécession ! On aurait pu s’attendre que compte tenu de son message, l’Eglise trace un sillon d’amour et de paix partout où elle était présente, qu’elle rende la vie des gens plus paisible. La réalité fut toute autre. Ignorant ce que pouvait être la liberté de conscience et de culte, elle incita le pouvoir temporel à exterminer par le feu la secte des Vaudois à Lyon et en Provence ainsi que celle des Cathares en Occitanie pour la seule raison que ces populations adoraient Dieu à leur manière et que leurs ministres privilégiaient la pauvreté. Le crime de l’Eglise le plus abject était encore à venir, le génocide des Indiens d’Amérique du Sud, C’est en refusant de reconnaître que ces « sauvages » étaient des hommes au même titre que les conquérants, sujets d’Isabelle 1re La Catholique que les Espagnols purent exploiter outrageusement cette main d’œuvre corvéable à merci pour satisfaire leur goûts immodérés de rapine et de lucre. C’est le travail forcé, la sous-alimentation et les maladies d’origine européenne qui décimèrent les nations indiennes. Près de 100 millions de morts en quelques dizaines d’années ! Pendant la même période, en Espagne, l’Inquisition et l’ignoble statut de limpieza de sangre - la pureté de sang – clouaient les juifs au pilori et les contraignirent à un exode massif.

Parce que des prélats de la Sainte Eglise apostolique et romaine s’étaient habitués à vivre dans le luxe, le stupre et la fornication, ne reculant devant aucun stratagèmes pour arrondir leur fortune, il n’est pas étonnant qu’en 1517, un membre du bas clergé se révolta et dénonça ces abus contre nature. La Reforme qui s’ensuivit dévoila une fois encore le caractère maffieux de cette organisation totalitaire qu’était l’Eglise à cette époque. L’ambition des Réformateurs était de retourner aux source du christianisme, de considérer comme guide unique, la Bible dans sa pureté originale et de se débarrasser de tout ce que l’Eglise lui avait associé par la suite : le clergé avec une hiérarchie pyramidale avec le pape au sommet ainsi que tous leurs atours de parade, le miracle de la transsubstantiation reproduit ad aeternam pendant la messe, le culte de la Vierge Marie, le culte des innombrables saints martyrs dont la grande majorité avait été inventés pour meubler le calendrier. Dans un certain sens, il n’est pas étonnant que l’Eglise n’ait pas beaucoup apprécié que certains aient si peu de respect pour des pratiques qu’elle avait savamment échafaudées pour mieux embobiner ses fidèles. Mais de là, à partir en guerre contre ces hérétiques ! Surtout que l’Eglise aurait pu se féliciter que ces Protestants gobent sans broncher la merveilleuse Histoire Sainte concoctée par les fondateurs de l’Eglise sans trop se soucier de la pertinence des faits relatés. Ce devait être aussi cocasse que tragique de voir s’étriper des adversaires qui invoquaient chacun de leur côté le même Jésus-Christ et cela à maintes reprises pendant plus d’un siècle. On retrouvait ainsi le même scénario qu’au sac de Constantinople. Des chrétiens s’entretuaient férocement. Il fallut attendre longtemps jusqu’à ce que catholiques et protestants enterrent la hache de guerre sans pour autant que cela débouche sur une entente cordiale malgré les efforts de certains hommes d’église en faveur d’un œcuménisme. Aujourd’hui encore, Rome ne cesse d’affirmer que l’église catholique est la seule et unique à détenir la Vérité absolue ; non sans raison d’ailleurs puisque c’est elle qui a tout inventé et de ce fait détient à ce sujet les droits d’auteur exclusifs.

Après avoir énumérés quelques uns des aspects les plus noirs et les plus honteux du christianisme, est-il possible en toute objectivité de déceler et de mettre en évidence ce que cette religion envahissante ait pu contribuer réellement au bonheur de l’humanité. De l’avis des églises, le christianisme a permis à l’homme de se dépasser, de trouver un sens profond à sa vie terrestre, à s’habiter de l’espoir d’une félicité éternelle dans l’au-delà auprès de Jésus-Christ. A l’origine, c’était un slogan publicitaire pour capter de nouveaux adeptes. Par la suite, afin de fidéliser les recrues nouvelles et anciennes, on procédait à un lavage de cerveau pour en éliminer les fausses croyances puis on soumettait tout le monde à un bourrage de crâne intensif et constamment renouvelé et ceci de générations en générations. C’est ainsi qu’on est parvenu à ancrer dans le cœur des chrétiens, hier et encore aujourd’hui, ce que l’on avait imaginé comme étant la Vérité. Il ne fait aucun doute que des gens simples ont trouvé un certain réconfort dans cette croyance au cours de leur vie et au moment d’être confronté à la mort. Ne se doutant jamais que l’au-delà radieux qu’on leur avait fait miroiter n’était que chimère. Dans le passé, très nombreux étaient les hommes et les femmes qui consacraient toute leur vie à la prière, retirés dans des couvents et des monastères. Ces torrents d’actions de grâce n’ont cependant jamais réussi à éviter épidémies, famines et autres catastrophes naturelles qui périodiquement décimèrent les populations.

On a suffisamment fait grief aux dirigeants soviétiques d’avoir abusé de la crédulité des gens en leur promettant des lendemains qui chantent alors que l’économie allait à vau-l’eau et que les libertés étaient bafouées. Lénine et Staline n’ont fait que reproduire le modèle catholique et si ce régime n’a perduré que pendant 72 ans, c’est que pendant cette période, les citoyens de l’URSS ont eu suffisamment de temps pour se rendre compte que les promesses mirobolantes ne pourraient jamais être tenues. Par ailleurs, il est humainement impossible d’être certain que la mirifique félicité éternelle promise par les Eglises existe réellement et qu’elle est accessible à tout bon chrétien. La foi en Dieu – tout croire sans aucune garantie - est vraiment un truc de filou ! Encore fallait-il y penser.


Jean-Pierre Chavaz



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