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Athéisme et rationalité


par Fayet Bernard  -  28/02/2017




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Mon titre peut paraître un peu trop général pour ce site mais il faut que je précise ! Je crois être pleinement d'accord avec vous mais je suis persuadé que beaucoup d'entre vous ne donneraient pas leur tête à couper pour affirmer radicalement qu'il n'y a pas de dieu. Bien sûr, il est encore plus difficile de soutenir qu'il y en a un et encore plus difficile de dire qui il est, s'il a de la barbe (il paraît qu'il nous a créés à son image !). Il me semble que toute réflexion métaphysique se résume à considérer que nous ne pouvons pas sortir d'un cadre logique et qu'en dehors de ce cadre il y a des réalités peut-être qui nous échapperont toujours. Et ce n'est pas une opinion, une conviction : c'est la conclusion logique d'une réalité mathématique : Pascal avait manifestement raison de dire que nous sommes un infini par rapport aux microbes (il ne connaissait pas les corpuscules atomiques) mais nous ne sommes rien par rapport à l'univers infini) Voilà donc que mathématiquement nous sommes à la fois zéro et l'infini ! Comment se fier à une raison qui nous amène à pareille absurdité. Les mathématiciens jonglent avec les chiffres, les longueurs mais il y a une valeur mathématique qui est aussi inaccessible pour eux que le serait un dieu : c'est la notion d'infini. Que peut-on dire d'une opération comme N divisé par l'infini ? Tout ce que les mathématiciens se permettent de dire c'est que cela tend vers zéro mais non pas que cela est égal à zéro. Comment pourrait-on imaginer qu'une valeur réduite à N divisé par l'infini soit égale au néant car on ne peut pas concevoir qu'une chose qui n'est pas encore réduite au néant ne puisse pas encore être coupée en deux. C'est le paradoxe d'Achille et de la tortue : Si petite qu'elle soit une chose ne peut pas être égale au néant à moins de ne pas exister. Il n'y a pas de passage rationnel de l'infiniment petit au néant.

Le "grand" argument des croyants, c'est de vous demander avec l'air conquérant de l'évidence qui donc a créé l'univers ? C'est que nous raisonnons en hommes pour qui rien ne peut exister sans une cause qui en explique l'existence. Bien sûr ! et c'est vrai qu'on ne saurait imaginer une chose qui ne serait pas précédée d'une cause. Et pourtant ces croyants en admettent une qui est sans cause, sans limite bien qu'ils ne se privent pas de la définir : Dieu. Pourquoi accordent-ils à ce dieu d'être sans cause, sans durée ? Parce qu'ils ont défini Dieu comme un être supérieur mais un homme, masculin bien sûr et qui pèse un certain poids (il nous a créés à son image. Il n'a ni début ni fin mais comme nous il aime, il se fâche. Il est le dieu de colère et même quand il s'appelle Allah, il nous "avertit qu'il faut le craindre ! Bien sûr, il a créé l'univers disent-ils mais il a créé autant de catastrophe et de malheur que de miracles. Qu'est-ce que ça signifie qu'il nous aime ? Qu'il a besoin de nous. Qu'on lui manque si nous nous éloignons ? Dieu aurait donc de telles faiblesses, de telles fragilités. Comment le comprendre ? S'il a créé l'univers il y aurait donc pour lui une période avant la création et une période après. Dans le temps A il n'est plus ce qu'il est dans le temps B ! Il n'est donc pas tout ?! Bref, toute idée qu'on se fait de Dieu est purement irrationnelle ! D'ailleurs, comment Dieu pourrait-il être rationnel ? Car si c'était le cas, il serait subordonné à la raison qui le transcenderait. S'il est rationnel alors il n'est pas Dieu puisqu'il est subordonné à la raison. S'il est irrationnel comment pouvons-nous avoir le moindre rapport à lui ? Que Dieu soit irrationnel ou rationnel, qu'il aime ou qu'il fasse éclater sa colère, alors il est quelque chose ou quelqu'un, il est humain, il est défini, donc fini. S'il est juste, alors il n'est pas injuste donc il n'est pas tout, il ne peut pas certaines choses. La notion de Dieu voudrait qu'il n'ait aucune limite, qu'il puisse être infiniment juste mais infiniment bon. St Augustin a dit que Dieu s'est réservé sa propre négation. Autrement dit, le fait qu'on le nie ferait même partie de son être. Là est vraiment la divinité mais à ce compte, comment les hommes pourraient-il se fier à lui !? Comment pourrait-il imposer des obligations à des êtres qui ne peuvent rien y comprendre ?

Revenons au problème de la naissance du monde. Beaucoup de gens n'admettent pas que le monde existe sans avoir été créé. Bien mais pourquoi admettent-ils que Dieu existe sans avoir été créé ? Parce qu'on l'a appelé "Dieu" ? Parce qu'il nous ressemble, qu'il aime, qu'il veut ? Tout cela est désespérément humain. S'il veut, c'est qu'il n'a pas ou qu'il n'est pas !

Qu'on essaie donc de nous faire une idée juste de nos limites rationnelles : Bien des gens se demandent ce qu'il y avait avant le Big bang ou ce qu'il y a en dehors de l'univers. D'ailleurs, l'univers est-il fini ou infini ? S'il est infini, non seulement on ne peut pas l'imaginer mais on ne peut pas même le concevoir car on ne voit guère comment cet univers pourrait être infini car ça supposerait une création permanente. S'il est fini, imaginons que nous sommes précisément à cette limite. Mais alors pourquoi ne pourrions-nous pas faire un pas de plus. Qu'est-ce donc qu'il y aurait dans cet au-delà ? Du vide ? Mais le vide n'est pas le néant. On ne peut rien concevoir de matériel sans espace.

En fait et en guise de conclusion je dirais que l'être est tout simplement et que nous sommes limités par les frontières de la raison. C'est pour cela que je vous disais qu'il est téméraire de se dire athée car c'est affirmer dans un domaine où nous n'avons pas de prise. Mieux vaudrait le terme d'agnostique car il y a gros à parier que jamais la science ne pourra expliquer que deux n'est pas trois ou du moins j'en doute fort.

En fait, ça ne change pas grand-chose dans la pratique ; ça ne change rien à notre morale. Il est absurde de prétendre que les agnostiques ou athées sont des croyants car ça n'a pas de sens de dire qu'on affirme une conception parce qu'on refuse d'affirmer le contraire ou plutôt parce qu'on n'affirme pas le contraire.

Tout ce qu'on peut affirmer c'est qu'avant notre naissance nous n'existions pas. Et à notre mort nous retournerons là où nous étions avant de naître. Notre vie se situe entre ces deux limites. Si je préfère le terme d'agnostique c'est que celui d'athée a quelque chose d'un peu polémique et je ne voudrais pas que nous nous mettions au même rang d'intolérance que les religions. Un problème pour les agnostiques c'est qu'il faut savoir se donner une morale supérieure aux "révélations".


Fayet Bernard



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